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Balade patrimoniale : Le Petit Louvre La Pacaudière

À l’heure du confinement, une Balade patrimoniale virtuelle s’impose pour se replonger dans l’histoire du Roannais et redécouvrir ses trésors architecturaux. Aujourd’hui, rendez-vous à La Pacaudière pour visiter son édifice emblématique, le Petit Louvre.

Au cœur du bourg de La Pacaudière, sur la Grande Place qu'il domine de toute sa hauteur, se dresse avec ostentation le Petit Louvre. Cette magnifique bâtisse du début du XVIe siècle, classée monument historique depuis juillet 1932, marie avec beaucoup de bonheur la Renaissance et le style gothique. Du Moyen-Âge, elle a gardé sa haute toiture, son escalier à vis et ses tours. En revanche, fini les murs austères, comme en témoigne sa façade ornementée, donnant sur la Nationale 7.
D’ailleurs, son histoire est étroitement liée à cet axe historique.

Un ancien relais de poste

Selon la tradition, le Petit Louvre aurait été un relais de chasse pour le duc Charles III de Bourbon, dit le Connétable, ou pour François 1er. Plus vraisemblablement, sa destination première aurait été un relais de poste et un somptueux logis, étape d'hébergement au service des officiers et du courrier du Roi. En effet, nous sommes à cette époque sur le grand chemin royal de Paris à Lyon. Au fil des siècles et des propriétaires, il abrita également la brigade de la Maréchaussée en 1750, puis le presbytère en 1850.
Depuis 1967, il appartient entièrement à la commune qui en a fait un centre culturel et touristique.

Une imposante toiture 

Le Petit Louvre est une construction massive de forme rectangulaire, de 22 mètres de long sur 13 mètres de large. Il comprend un rez-de-chaussée, occupé par une bibliothèque, et un premier étage qui accueille concerts et expositions. Au-dessus, une imposante coiffure avec un toit plus élevé que le gros œuvre.
Ses tuiles non émaillées et leurs motifs rappellent l’influence de la Bourgogne. Il comporte trois belles lucarnes, hautes de 5,30 mètres, très rares en France à avoir conservé leur bois d'origine en chêne sculpté.
Une corniche importante, avec une saillie de 70 centimètres, fait la liaison entre le toit et le bâtiment.
La tourelle d’angle, qui brille par ses briques émaillées noires, vertes et jaunes, disposées en motifs géométriques, repose sur un encorbellement de calcaire jaune aux rangs denticulés.

L’influence de la Renaissance

Au premier étage, les trois grandes fenêtres ont perdu leurs meneaux, mais ont gardé leur encadrement. Au rez-de-chaussée, la lumière blonde de la pierre de Charlieu ajoute encore au charme de la porte d’entrée, sculptée avec la finesse et la grâce qui caractérisent l'art italien. Juste au-dessus, dans le tympan, s'inscrit une grande coquille où deux angelots soutiennent l'écusson dont le motif est aujourd'hui effacé.
Deux piédroits cannelés encadrent la porte. Ils sont cantonnés de deux chapiteaux composites, l'un orné d'une sirène aux seins nus, entourée de deux chimères, l'autre portant un mufle de lion. Volutes, décor végétal, vases enrichissent encore le décor. La façade côté ouest est plus austère, percée de très peu d’ouvertures.
Le seul élément remarquable est la grosse tour ronde. Un cadran solaire est gravé sur le mur où se distinguait encore le crépi d’origine, beige rosé, avant la restauration des façades. Les côtés nord-ouest et sud-est ont été occultés par des constructions tardives.

Une charpente à trois étages

Si le Petit Louvre mesure 22,75 mètres de haut, sa toiture, à elle seule, a une hauteur de 13 mètres !
Elle se compose, côtés place et cour, de deux versants en forme de trapèze atteignant 14,50 mètres de longueur et, au nord-ouest et au sud-est, de deux croupes latérales triangulaires. Sa charpente est une merveilleuse ossature de chêne. Elle impressionne par ses dimensions – 13 mètres de haut, 13 mètres de large, 21,50 mètres de long – et par l'extraordinaire espace qu'offre le comble. C'est une charpente française à très longs chevrons, parfaitement conservée, qui présente un avantage d'être facilement accessible aux visites.
Les versants sont formés par une série de 29 paires de chevrons de chêne qui parcourent d'une seule pièce, pour la plupart d’entre eux, les 14,50 mètres de longueur. Cette charpente, montée sur trois niveaux, est caractérisée par les aisseliers en arc qui la soutiennent et lui donnent cet aspect de carène de vaisseau renversé. Avec un poids de 80 tonnes et un volume de 1 700 m³, elle a l'importance d'un voilier à trois mâts ! L'ensemble compte quelque 1 400 assemblages et figure sans doute parmi les rares de ce type à subsister en France. Elle bénéficie aujourd’hui d’un éclairage bleuté mettant en valeur l’œuvre des maîtres charpentiers et les sculptures qui sont régulièrement exposées.

Des graffiti du XVI siècle 

Parmi les attraits du Petit Louvre, figurent également ses graffiti du XVIe siècle. Ils furent mis au jour lors de travaux de rénovation menés entre 1982 et 1984 puis en 2004. Découvertes qui amenèrent le ministère de la Culture à les classer également monuments historiques. Les graffiti parcourent tous les murs. Ils sont inscrits à la sanguine, à la mine de plomb ou avec un tison de bois brûlé. On y trouve des dates, des noms et des prénoms français ou à consonance étrangère, des pensées, des blasons, des dessins, des croix, des inscriptions... On y trouve également des décors peints agrémentant portes et fenêtres et des fresques plus tardives, datant du début du XVIIIe siècle, ornant notamment la bibliothèque et la salle Meyer.

Autant de trésors qui font du Petit Louvre un véritable témoin de son temps, mais aussi le lieu idéal pour transmettre histoire et culture. Un rôle qu’il entend bien tenir plus que jamais dans les années à venir.

Plus d’infos sur lesamisdupetitlouvre.fr

Par Philippe Marconnet, avec le concours de l’association Les Amis du Petit Louvre.