Actualités
Culture, Sport

Younès Attoum, du préau Marengo au Ballet Academy d’Amsterdam

L’histoire est belle. Tout droit sortie d’un conte de Hans Christian Andersen. Younès Attoum, jeune danseur de 19 ans originaire de Roanne, a transformé son parcours artistique en conte de fée. Celui qui dansait à 8 ans sous le préau de l’école Marengo, et dont la maman a fait d’énormes sacrifices, a obtenu en décembre le Prix de la Fondation Rudolf Noureev au concours du Grand Prix de Paris.

Younès Attoum est l'un des lauréats des Bourses de la Vocation à Paris, une cérémonie organisée par la fondation pour la Vocation le lundi 12 décembre, en présence notamment d’Elisabeth Badinter.

 

Younès Attoum a également été sélectionné parmi plus de 500 candidats au concours du Prix de Lausanne, et vient tout juste de rentrer à la Dutch National Ballet Academy d’Amsterdam, une référence.

Rencontre avec un chouette garçon, la tête sur les épaules et bourré de talent !

Younès Attoum, comment est née cette passion pour la danse ?

J’ai commencé à 8 ans. Je dansais à la récréation avec ma meilleure amie sous le préau de l’école Marengo. Elle trouvait que j’avais un petit quelque chose. Du coup, elle m’a proposé d’aller voir sa mère qui tenait une école de danse. Et l’histoire a commencé comme ça. Je me souviens que ma mère pensait que cette envie allait rapidement me passer. Il a fallu que j’insiste à deux ou trois reprises. (Rires)

Le film Billy Elliot a été un vrai élément déclencheur

 

Quand on est jeune, on s’identifie la plupart du temps à des stars. Aviez-vous également des modèles de danseur à l’époque ?

Non ! Mais il y a un film qui m’a donné cette envie et qui a été un vrai élément déclencheur : Billy Elliot ! Ça m’a vraiment marqué. Et avec du recul, je me rends compte que la danse était en moi. J’étais un enfant plein d’énergie, qui dansait sans arrêt…

Les danseurs prétendent que c’est un milieu très dur qui demande énormément de sacrifices. Est-ce un mythe ou une réalité ?

Une réalité ! Mon prof me rappelait récemment qu’il avait dansé durant an sur une double fracture de la cheville. La danse au niveau professionnel demande d’avoir un moral d’acier. La déception, la fatigue, un corps qui ne suit plus… font partie du métier. Si tu veux avoir une place, il faut toujours être présent. Parce qu’il suffit de te rater une fois pour que le milieu t’oublie ! C’est un métier qui demande énormément de moral et de détermination !

Ma mère, mon frère et ma sœur se sont aussi sacrifiés pour moi, je n’avais pas le droit de baisser les bras.

Avez-vous jamais eu l’envie de tout arrêter ?

Non, jamais ! Il y a des moments de déception, bien sûr. C’est normal. Mais je n’avais pas le droit de baisser les bras. Ma mère (elle a assumé seule tous les frais de scolarité de la famille, Ndlr), mon frère et ma sœur se sont aussi sacrifiés pour moi. Je ne pouvais pas lâcher. Et je voulais faire ça !

Tous ces sacrifices en valaient donc la peine…

C’est vrai, je suis chanceux. J’ai pu voyager, on m’a offert des bourses et des stages aux États-Unis et un peu partout. Après il faut savoir que c’est beaucoup de travail, rien n’est acquis. J’ai passé mes dimanches à danser, ma famille et moi avons fait beaucoup de sacrifices… Je ne veux pas dire que je le mérite. Je n’ai pas cette prétention-là, mais je suis heureux de voir que le travail paie.

Je devrais rejoindre une grande compagnie, en Europe, aux États-Unis ou ailleurs

Vous avez eu affaire à des références dans le jury comme Marie-Claude Pietragalla, Attilo Labis (étoiles de l'Opéra de Paris) ou Thierry Malandain (directeur du Centre chorégraphique national de Biarritz) lors de vos différentes prestations. Quel compliment vous a le plus touché ?

Ce sont plutôt des mots à l’âge de 8 ou 9 ans qui m’ont marqué. Des spectateurs qui disaient à la fin de ma prestation : « Lui, il ne faut pas l’oublier, parce qu’on va le revoir dans quelques années. Il sera à l’affiche d’une grande compagnie. » Je ne me rendais pas compte à l’époque. Quand j’y repense aujourd’hui, ça me touche.

Quels sont vos objectifs pour 2018 ?

Je devrais rejoindre une grande compagnie, en Europe, aux États-Unis ou ailleurs. L’Academy d’Amsterdam et notre directeur Jean-Yves Esquerre nous préparent à ça. Mon but : trouver une compagnie où je puisse faire du ballet classique mais aussi du contemporain. J’aimerais une compagnie assez ouverte et moderne.

Et danser demain pour des stars comme Madonna ou Rihanna ?

Pas pour le moment. Mais c’est vrai que je n’aime pas la routine. J’ai déjà fait du hip-hop, du rock acrobatique, alors pourquoi pas si on me propose des choses sympas dans quelques années ? »