Jacques Troncy : « Une gestion financière de l'Agglo ambitieuse mais saine ! »

Le 14 décembre, le budget 2024 de Roannais Agglomération a été adopté. Un budget de 181,3 M€, marqué par un investissement record et des taux d’imposition stables pour les ménages. À l’issue du vote, Jacques Troncy, vice-président délégué aux finances et maire de La Pacaudière, nous a accordé un entretien au cours duquel il est revenu sur le contexte économique, les perspectives et les ambitions affichées pour ce nouvel exercice.

« Comment se présente la situation financière de Roannais Agglomération pour 2024 ?

 

La situation financière de Roannais Agglomération est bonne

 

Rappelons tout d’abord que ce budget 2024 s'intègre dans un contexte économique national qui reste tendu et incertain. En effet, qu'il s'agisse de l'inflation, du niveau des taux d'intérêt, du taux prévisionnel de croissance ou de certaines mesures émanant de l'État, il y a encore des éléments d'incertitude et de tension macroéconomique dont nous ne pouvons faire abstraction. Mais heureusement, la situation financière de Roannais Agglomération est bonne. Les ratios financiers résultant des exercices précédents sont de solides points d'appui qui nous facilitent le travail. Ainsi, nous allons, cette année encore, être en mesure d’investir massivement pour le territoire sans augmenter les taux d'imposition des ménages, qui resteront stables en 2024, ni endetter davantage la communauté d'agglomération. Rappelons d’ailleurs que, Teom* mise à part, ces taux sont inchangés depuis 2014 !

À propos de l’inflation, comment a-t-elle impacté l’Agglo ?

En 2023, comme toutes les autres collectivités, comme les entreprises et les particuliers, l'Agglo a subi de très fortes hausses des coûts de l'énergie. À commencer par ceux de l'électricité, multipliés par 3 par rapport à 2021 ! Certains prévisionnistes pensent que nous avons atteint le pic et que l’inflation devrait décroître, mais rien aujourd'hui ne permet de l'assurer. Dans tous les cas, les prix vont rester nettement plus élevés qu’avant la poussée d’inflation de 2022-2023.

La TVA a fait son apparition parmi les recettes fiscales des collectivités. Considérez-vous que ce soit une bonne mesure ?

En effet. C’est l’un des grands bouleversements de ce budget ! Plus exactement, il s’agit d’une fraction du produit de la TVA. Cette mesure est censée compenser la suppression de la taxe d'habitation et de la CVAE**. Dans l’immédiat, elle nous est plutôt favorable, car en période d’inflation, la TVA rapporte évidemment davantage. En revanche, c'est un produit extrêmement aléatoire et imprévisible qui concourt donc à un manque de lisibilité et de maîtrise sur nos recettes.

Vous évoquiez des ratios financiers satisfaisants. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Une épargne qui nous permet de financer une politique d’investissement ambitieuse

 

Le premier point positif, c’est notre niveau d'endettement qui reste très modéré puisqu’il se monte à 29,6 M€, soit 280 € par habitant. Ce qui est un très bon ratio quand on le compare à celui d’autres intercommunalités de la même taille qui sont en moyenne à 397 € par habitant ! Cela signifie donc que si nous en avons besoin, nous pourrons faire appel à l’emprunt. Je précise par ailleurs que notre dette est saine car elle est constituée majoritairement de prêts à taux fixe ; ce qui nous protège des variations actuelles à la hausse des taux d'intérêt quand ils sont variables.

Le second point positif, c’est l’augmentation de notre capacité d’autofinancement. Avec une épargne nette prévue à 11,2 M€ pour 2024 contre 6,9 en 2023. Ce chiffre s’explique à la fois par des recettes fiscales très dynamiques et une bonne maîtrise de nos dépenses de fonctionnement, et ce malgré l’inflation et les hausses successives du point d’indice servant au calcul de la rémunération des fonctionnaires. Cela nous permet de dégager de l'épargne qui elle-même nous permet de financer une politique d'investissement ambitieuse, à hauteur de 33,94 M€ !

Quels seront les principaux investissements de l’Agglo en 2024 ?

 

Une grande partie de nos investissements sera tournée vers la transition écologique

 

Cette année encore, une grande partie de nos investissements sera tournée vers la transition écologique et la préservation de notre environnement. Ainsi, nous allons engager 3,3 M€ dans le déploiement de la première ligne de bus 100 % électrique et l’acquisition de nouveaux véhicules pour la deuxième. Plus de 4 M€ seront consacrés à l’assainissement : renouvellement de notre réseau, modernisation des équipements de traitement des eaux usées ; près de 3 M€ à la poursuite de la réorganisation de la collecte des déchets ménagers avec notamment la mise en place de points d’apport volontaire pour les biodéchets et le renouvellement de matériels pour cette même collecte ; plus d’1 M€ à la rénovation énergétique de l’habitat ; 1,2 M€ au développement du parc agroculinaire à Notre-Dame-de-Boisset. Et bien sûr, nous allons maintenir nos efforts pour augmenter la part des énergies renouvelables (solaire, géothermie…). En parallèle, les études préalables pour le centre aqualudique seront lancées pour un montant de 4,2 M€. Enfin, le réaménagement de nos zones d’activités économiques mobilisera près de 3 M€.

Un mot sur le pacte financier et fiscal qui a été approuvé ce 14 décembre ?

Effectivement, lors du dernier conseil communautaire, Roannais Agglomération a approuvé un pacte financier et fiscal dont la mesure phare consiste en la création d’un fonds de soutien à l’investissement communal. Ce fonds sera mis en place en 2025 pour un montant d’1 M€ par an ! Ainsi, sur la durée d’un mandat, chaque commune de l’Agglo recevrait 150 000 €. La volonté est de co-élaborer les modalités de sa mise en œuvre avec toutes les communes durant l’année 2024. C’est un acte de solidarité fort et inédit de la communauté d’agglomération envers ses communes. »

*Taxe d'enlèvement des ordures ménagères
**Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises

 

134 M€ de dépenses réelles
33,9 M€ de dépenses d’investissement
17,9 M€ d’attributions de compensation reversées aux communes