Meilleur Ouvrier de France !
C’est le Saint Graal ou la lune que rêve de décrocher tout artisan !
La consécration suprême !

Ils sont 9 000 à avoir obtenu le titre de “MOF” depuis sa création en 1924. Lors de la dernière édition qui s’est achevée en 2015, plus de 2 500 candidats étaient admis à concourir dans plus de 200 métiers différents pour seulement 225 lauréats. De nombreux Roannais ont inscrit leur nom à ce prestigieux palmarès, dont certains illustres : Auguste Pralus, Jean Troisgros et son frère Pierre, membre honoris causa.

Aujourd’hui, ils sont une vingtaine sur le territoire de Roannais Agglomération à pouvoir revendiquer ce titre et arborer la médaille ornée du ruban tricolore, remise pour certains par le Président de la République en personne. 

La qualité de la formation Roannaise

« Nous avons en effet une forte concentration de MOF, ce qui est un atout pour notre territoire, se réjouit Romain Bost, vice-président en charge de l’enseignement supérieur et de la formation. Beaucoup ont appris leur métier au sein des établissements roannais, qui continuent à former des jeunes au talent prometteur. En 2016-2017, nous avons eu huit Meilleurs Apprentis de France, un Meilleur Jeune Boulanger et un médaillé d’excellence aux Olympiades des métiers. » Ces concours sont souvent une première étape dans la longue route menant au titre de MOF. Ce que confirme Henri Beaulieu, directeur du CFA du Roannais : « Lorsque les jeunes s’engagent dans cette démarche de compétition, ils y prennent goût. Cela crée une émulation qui les conduit à poursuivre jusqu’au concours de MOF. »

24h avec un MOF

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Un investissement quotidien

« S’engager dans ce concours, c’est se confronter à ce qui se fait de mieux en matière de technicité tout en cherchant la reconnaissance de ses pairs, précise François Delorme-Duc, président des MOF de la Loire. Cela demande beaucoup de persévérance. C’est un investissement quotidien qui prend sur la vie sociale et familiale. » Guy Dechavanne, fraiseur-outilleur à l’Arsenal et MOF en 1979 se souvient : « J’ai dû consacrer 800 heures à la réalisation de la pièce qui nous était demandée. Je restais chaque jour une heure de plus au travail et j’y retournais le samedi de 4h à midi, cela pendant six mois ! » Il faut dire qu’il a trouvé sur place de quoi le motiver. "Dans notre atelier de précision,nous étions cinq MOF ! D’ailleurs pendant longtemps, Roanne comptait plus de Meilleurs Ouvriers de France que Saint-Étienne !"

Ne jamais rien lâcher

Dans certains métiers, à l’image de la cuisine, l’épreuve a lieu « en direct ». Façon Masterchef. Une pression particulière que Florent Boivin a subie de plein fouet en 2011 ! « Le jour de la finale, j’avais pris tellement de retard, j’ai failli abandonner et tout poser. Et puis je me suis souvenu des mots de Michel Troisgros chez qui j’étais chef de cuisine à l’époque : « Ne jamais rien lâcher ! » Je me suis immédiatement remis aux fourneaux et j’ai terminé à la première place ! » Aujourd’hui Florent Boivin est consultant et formateur à l’Institut Paul Bocuse à Ecully, où il peut transmettre son savoir. « Une valeur essentielle chez les MOF » conclut-il.